Les abeilles en danger, des causes multiples, des conséquences catastrophiques !

Les abeilles en danger, des causes multiples, des conséquences catastrophiques !

La disparition des abeilles, qui favorisent la pollinisation des plantes sauvages et cultivées, est une calamité sans nom, qui pourrait causer la disparition de la race humaine !

Discours alarmiste, vous direz vous ? laissez nous vous citez quelques chiffres :

  • Plus de 70 % de la production mondiale de nourriture dépend des insectes pollinisateurs (abeilles, papillons, guêpes, bourdons...),

  • Entre 60 et 80 % des plantes sauvages nécessitent l’aide des insectes pollinisateurs pour se reproduire, ce qui donne un cercle vertueux, car les abeilles par exemple, ont un régime alimentaire entièrement dépendant des fleurs (nectar, pollen, miel) et en retour, les plantes se reproduisent grâce à leur aide, un peu le principe d’une économie circulaire en somme,

  • Plus de 200 milliards de dollars, c’est l’estimation en valeur, du service rendu par les pollinisateurs, à titre d’exemple, en Chine faute de butineuses exterminées par les insecticides, des paysans chinois pollinisèrent des pommiers manuellement, ce qui demande une certaine agilité et du temps en quantité industrielle... "un seul être et tout est dépeuplé", cet adage sied bien aux abeilles, si elles disparaissent, l’humanité aurait bien du souci à se faire...

1) Un peu d’histoire...

L'abeille mellifère, est en constante évolution depuis son apparition, il y a plusieurs millions d'années, sachant que la première abeille serait âgée de 100 millions d'années ! 

Originellement, plutôt que de nectar et de pollen, elle faisait son miel d’autres insectes !

Puis, elle devient végétarienne, aucun historien ne peut situer précisément à quel moment, mais en y songeant quelque peu, entre déguster une mouche, ou se délecter du délicieux nectar sucré d'un oranger en fleur, le choix est rapide, n’est-ce pas !

Plus près de nous, on retrouve plus de 20 000 espèces différentes d’abeilles, dont environ 2 000 en Europe et près de 1 000 en France, réparties dans le monde entier, les abeilles ayant essaimé à travers le globe.

On en trouve de toutes les couleurs, de toutes les tailles, et de toute sorte, de l’abeille de 3 cm de long à l'abeille naine, qui mesure à peine 2 mm.

L'abeille mellifère est une espèce parmi tant d’autres, sachant que certaines abeilles sont solitaires, ne vivent pas en colonie, et d’autres même vivent dans des terriers souterrains.

2) Le rôle indispensable des abeilles

Comme dit précédemment, énormément d’espèces végétales dépendent directement de la pollinisation, l'abeille domestique contribuant pour une part importante à cet équilibre.

Dans les milieux urbains, une même espèce de plante est souvent fort éloignée, les abeilles ont alors un rôle crucial, car elles amènent le pollen d'une fleur mâle vers la fleur femelle d'une même espèce.

De plus, elles sont une des pierres angulaires de l’environnement, car en étant un pilier de la pollinisation des plantes, elles permettent la survie, l’évolution, et la reproduction de plusieurs espèces de plantes, ce qui permet de dire, que malgré leur grand âge, les abeilles sont encore et toujours des alliés précieux, dont il faut prendre soin.

3) Les causes de l’extinction des abeilles

Malheureusement, et cela aurait été "souhaitable", il n’y a pas une cause, mais plusieurs, et c’est un cocktail dangereux ; En effet, si chaque cause est déjà un grand problème, si les causes interagissent, ou s’entrechoquent, ou se complètent mutuellement, vous avez potentiellement une catastrophe qui se profile à l’horizon.

4) Différentes causes

Plusieurs facteurs sont à l’origine de l’extinction des abeilles, la détérioration des habitats, une alimentation viciée du fait des pesticides, le changement climatique, la présence de prédateurs du fait de la mondialisation...

Ajoutez à ça la promotion de la monoculture et les intrants chimiques, et les traitements phytosanitaires, et le fait que les abeilles soient encore là, est un bienfait inestimable, que peu de personnes reconnaissent.

Il faut savoir que pour être en excellente forme, et avoir un système immunitaire sain, l’abeille a besoin d’avoir accès à des mets de qualité, qui évoluent en fonction des saisons, lorsque l’essaim habite dans un environnement diversifié, offrant du nectar et du pollen venant à la fois d’arbres, d’arbustes, de plantes sauvages et de plantes cultivées, l’abeille est dans son élément, est heureuse et s’épanouit pleinement.

Cependant, les dernières décennies, virent l’apparition des pesticides, des intrants chimiques, la promotion de la monoculture, et typiquement le fléau de notre siècle, les traitements phytosanitaires...

En effet, les agriculteurs conventionnels, non sensibilisés au Bio, ont d’immenses cultures, s’étirant à perte de vue, et la productivité étant poussée à son paroxysme, les agriculteurs, contrent l’invasion d’espèces végétales ou animales par des apports massifs de produits chimiques de synthèse comme les pesticides (qui comprennent les herbicides, les fongicides et les insecticides).

Appliqués dans les champs agricoles, pour éradiquer la chienlit, malheureusement, les insecticides ne faisant pas de discrimination, ils exterminent tout ce qui vit.

Quant à ceux qui réchapperaient de ce massacre, les insecticides provoquent alors des perturbations comportementales ou physiologiques, interférant par exemple, avec le sens de l’orientation, la mémoire, la capacité à communiquer.

Dans certains cas, ils peuvent même entraîner directement leur mort, il n’est pas rare ces dernières années de voir des apiculteurs, retrouver des centaines de colonies vides, car l’abeille perdant le sens de l’orientation, ne peut rentrer chez elle, et elle meurt isolée.

La France ne faisant pas exception, les échanges mondialisés sont devenus monnaie courante, on importe, on exporte, cependant lorsque l’on importe des marchandises du monde entier, parfois se glissent dans les cargos, des invités peu commodes, c’est le cas par exemple du tristement célèbre "varroa" ou "varroa destructor".

Le Varroa destructor, est une petite araignée rouge originaire de l’Asie du Sud- Est, et actuellement considérée comme l’une des principales causes de mortalité des colonies d’abeilles dans le monde. 

Le Varroa n’est malheureusement pas le seul parasite venu d’autres contrées, le petit coléoptère de la ruche originaire d’Afrique du Sud, et le frelon asiatique, qui envahit actuellement l’Europe, causent eux aussi des dommages conséquents dans les colonies. 

Enfin, les agressions microbiologiques voyagent également et sont de plus en plus fréquentes, compte tenu de la proximité des ruchers de différents apiculteurs, et de la transhumance des apiculteurs.

La transhumance des apiculteurs, est le fait pour un apiculteur de déplacer toutes ses ruches, à la demande d’agriculteurs par exemple, ou de personnes ayant des vergers, afin de polliniser les cultures, or cela affaiblit les essaims, car les voyages sont très éprouvants pour eux.

Tous ces facteurs hostiles, carence alimentaire, parasites, pesticides, affaiblissent le système immunitaire des abeilles, ce qui rend leur défense contre les prédateurs, encore plus difficile à assurer.

5) Cas pratique

En parlant ci-avant de causes qui interagissaient, l’exemple typique est la monoculture, doublée des traitements phytosanitaires, nous allons illustrer ça par un cas pratique.

Pour permettre une agriculture intensive, on supprime les haies, les arbres, les fleurs sauvages, le but étant de créer d’immenses surfaces agricoles, ou est cultivé un seul type de plante, ce qui permettra un rendement accru, et une productivité exponentielle, soit !

Cependant, cela a des conséquences fâcheuses, et le jeu n’en vaut pas vraiment la chandelle, cela appauvrit les sols, ce qui induit une dose exponentielle d’engrais, qui dit engrais, dit produits phytosanitaires, qui vont achever les abeilles.

Nous disons achever, car déjà le passage en monoculture, avait supprimé les fleurs diversifiées qu’elles aiment tant, une nourriture suffisamment variée, ce qui déjà les affaiblissait, imaginez-vous manger des petits pois toute l’année, un seul plat unique, tous les jours, tout le temps, vous en seriez vert non...

A travers ce cas pratique, vous pouvez voir 2 causes distinctes, qui mises ensemble, voient leurs effets dévastateurs décuplés, et cause la disparition d’insectes qui font tant pour nous aider, et dont nous sommes bien peu reconnaissants à leur égard.

6) Quelles solutions pour sauver nos précieuses amies ?

Comment sauver les abeilles ? L’idéal, en espérant que ce ne soit un vœu pieux, est un peu le fameux "c’était mieux avant" ...

Loin d’être des passéistes, ou des nostalgiques d’une époque idéalisée, il est vrai que les méthodes anciennes ont parfois du bon, par exemple revenir à une agriculture plus douce, bannir la monoculture, et bien se rendre compte que les enjeux sont immenses, et le temps bien court...

Il faut le répéter, le seriner, comme un leitmotiv incessant, l'abeille est un maillon indispensable des écosystèmes ! La protéger elle, c’est nous protéger nous, c'est nous éviter le cauchemar d'un écocide irréversible.

Pour cela, il faudra passer de l’utilisation intensive de produits chimiques, à un système agricole bio, cela sera salutaire pour tout le monde, pour les agriculteurs, pour les pollinisateurs, pour notre sécurité alimentaire. 

L’essor récent de l’agriculture bio ainsi que l’application croissante de techniques qui réduisent ou éliminent l’utilisation de pesticides chimiques, telle que la lutte intégrée contre les ravageurs (IPM), ou la permaculture montrent qu’une agriculture sans pesticides est possible, économiquement rentable et sûre pour l’environnement.

7) Conclusion

"C’est la première fois dans l’histoire de notre planète que l’étendue des activités humaines empiète autant sur le système naturel. Et c’est la première fois que la civilisation humaine risque de s’effondrer. Nous allons peut-être disparaître à cause des abeilles." 

Une fois n’est pas coutume, nous utiliserons la citation d’un éminent biologiste, enseignant à l’université de Stanford, Monsieur Paul Ehrlich, comme conclusion.

Sa citation est brève, concise, mais lourde de sens, et même si elle est pessimiste, l’espoir n’est peut-être pas perdu, il reste encore des moyens de renverser la vapeur, ayons bon espoir que nos enfants, et nos petits-enfants auront la joie de voir les abeilles butiner, et de goûter du miel, de chez miel impérial, un miel respectueux des abeilles, des apiculteurs et de son environnement.

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